tristan brisard

talu : inuktitut. abris, cachette

schiste à bloc

Gorron (53)
2016


Maîtrise d’ouvrage : Ville de Gorron (53)
Programme : Reconstruction (suite à incendie) de la salle municipale «Jeanne d’Arc» — Restauration scolaire et évènements
Surface : 375 m2
Coût des travaux extension : 750 000 € HT (hors VRD, hors honoraires)
Mission : BASE + EXE
Statut : Livré


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(RE)CONSTRUIRE. Cette problématique questionne nécessairement l’histoire du lieu et son rapport au présent et au futur. C’est ici l’opportunité de réemployer un matériau traditionnel. L’ardoise, mêlée aux pierres de granit donne son visage à toute cette région du Nord Mayenne située aux portes de la Bretagne et de la Normandie. L’identité minérale du projet, à l’image des lieux qui l’accueillent, s’exprime par un volume bâti extrêmement simple, un roc. Les ardoises de forte épaisseur sont fixées au clou et vissées. D’origine pyrénéenne, elles apparaissent davantage comme des pierres superposées, à l’image de la lauze utilisée en montagne. Des ouvrages en métal découpent le monolithe, le rendant ainsi habitable. Leur finesse et leur précision contrastent avec la rusticité de l’ensemble. Ils se déclinent en puits de lumière, cadrages, passages... qui sont l’écho des qualités du site et remplissent les nombreuses fonctions de toute Architecture : voir, éclairer, ventiler, passer, protéger... L’intérieur des espaces prend le contre-pied de cette sombre froideur minérale et se réchauffe en laissant apparaître charpente et panneaux bois.

La future construction s’implante en partie sur l’emprise de l’ancienne salle et vient au contact des bâtiments existants conservés. L’ensemble apparaît comme la juxtaposition de deux volumes bâtis séparés et connectés par une coursive marquant l’entrée. Un volume technique abrite sanitaires, vestiaires, sous-station chaufferie, cuisine, vestiaires du personnel. Le volume de la Grande Salle est un RDC sous rampant. Il s’implante en léger décalage de l’ancienne emprise en laissant place à un accès véhicule vers le parking du personnel et aire de livraison à l’arrière de la parcelle en limite Ouest. Cette implantation sert de socle au dessin des aménagements extérieurs envisagés (espaces verts, circulations piétonnières, parking…) en coeur de parcelle. Volumes simples, épurés, toitures à double pente en ardoises pour le volume principal et en bac acier pour le volume technique en continuité du bac acier des existants conservés. La coursive menant à l’entrée se prolongeant vers l’Ouest pour abriter une terrasse extérieure est une structure métallique couverte de poycarbonate. Une attention particulière est portée au traitement des chéneaux, descente EP et ouvrages de serrurerie, qui contrastent avec la rusticité des épaisses ardoises pyrénéennes.

Intervenants : Tristan Brisard Architecte (Matic Kalamar) — BET TCE : BECB
Données environnementales : RT 2012 — Certification bois : PEFC — Récupération des eaux pluviales — Ventilation naturelle — Toiture végétalisée — Implantation favorisant les apports solaires en période hivernale, le confort d’été (inertie : dalle béton, laine et fibre de bois), les apports de lumière naturelle — Stores extérieurs textiles à enroulement motorisé — Objectif bilan carbone nul ou positif en ayant recours le plus possible au matériau bois : ossatures, isolants laine et fibre de bois, habillages intérieurs — Qualité de l’air : mise en œuvre de produits naturels non transformés, non traités, de matériaux bruts, colles à faible émissivité de COV

Photographies : Stéphane Chalmeau